Made in China

Ce matin, je suis allée dans une papeterie acheter des recharges de stylo.

Oui, car il n’y a pas de petits gestes lorsqu’on cherche à réduire son impact : pourquoi jeter un stylo en plastique et en métal lorsqu’il ne marche plus, alors qu’on pourrait juste en remplacer la cartouche ?

D’ailleurs, je me rappelle que c’est un truc qu’on faisait souvent avec ma mère quand j’étais petite (voir l’article, Nos grands-parents étaient écolos – et nos parents aussi, pour la plupart)

Arrivée dans la papeterie, le vendeur me demande quelle cartouche je veux : en fait, il y en a des dizaines de sortes !

Et puis, en voyant mon stylo : « Ah, ça encore une de ces camelottes ! On n’a pas ce genre de cartouches, elles sont faites en Chine ou au Japon. »

Père et fils ont quand même passé dix bonnes minutes à chercher le bon modèle, en ont dégotté un qui allait.

Le père disant qu’il allait devoir en fabriquer de nouvelles… des cartouches sur-mesure, s’adaptant à des stylos bas de gamme venant de l’autre bout du monde.

A midi, j’ai craqué.

A midi, j’ai craqué.

Après deux mois et demi de repas pris à la maison matin, midi et soir, j’ai eu envie d’un bon petit plat cuisiné par d’autres.

Et alors que j’étais près de la gare Cornavin, j’ai repensé à ce petit resto aux Pâquis qui fait les plus incroyables pad thaï de la ville. (Oui, c’est exotique, mais j’estime que les exceptions, du moment qu’elles restent des exceptions ne sont pas interdites… Au cas où vous auriez quelque chose à y redire, pensez aux trois cafés que vous buvez par jour, qui viennent de Colombie, du Costa Rica ou du Honduras ;-))

Ce petit bistrot où j’allais très souvent à une époque a été complètement refait et agrandi.

Mais l’ambiance… la déco… les odeurs… la musique… le serveur, sourire jusqu’aux oreilles, qui ne parlait pas un mot de français… J’aurais pu fermer les yeux deux minutes et me croire au milieu de Bangkok…

C’est certainement dû à nos deux mois et demi de semi-confinement, que j’ai pour ma part vécus de manière quasi monastique, mais j’ai trouvé cet effet de dépaysement extrêmement puissant.

Et intéressant…

A l’heure où les vols en avion à tout-va sont de plus en plus décriés, pourquoi ne pas réinventer le voyage, le dépaysement, là, à quelques pas de notre porte ?

Je vous en glisse quelques idées dans ma formation Comment voyager avec un impact environnemental minime, au cas où vous aimeriez creuser la question.

Après la honte de prendre l’avion…

Suivant à qui j’écris, à des représentants de mouvements associatifs ou à d’autres citoyens engagés, j’ai honte d’avoir une adresse @gmail.com

Oui, parce que comment peut-on prétendre être sensible à l’écologie (terme pris dans son sens le plus large),

Militer ou en tout croire en un « monde d’après » plus sain, équitable et respectueux,

Et soutenir indirectement l’un des géants du web au quotidien et depuis des années ?

(Je passe pas mal de temps sur Facebook aussi, un autre des GAFAM, qui monopolisent l’internet, engrangent des fortunes colossales et ne respectent pas grand-chose de nos données et de notre sphère privée).

Cela fait un moment que je pense à supprimer ce compte mail et à recréer une adresse chez un hébergeur plus « correct ».

C’est faisable, bien sûr.

Mais cela me paraît tellement compliqué de faire des changements d’adresse mails,

de savoir que je risque de perdre pas mal de contacts en cours de route,

de perdre aussi des infos qui sont contenues dans les mails reçus ces cinq dernières années,

de ne plus pouvoir collaborer sur des Google docs que beaucoup de mes amis et collègues utilisent,

bref, de manquer quelque chose (autre acronyme, le FOMO : Fear of missing out, vous connaissez ?)…

Pour toutes ces raisons, je repousse cette action pourtant pas si complexe de changer de boîte mail.

Au point où je pense prochainement développer une formation sur le sujetRéduire sa pollution numérique, mais plus largement, être cohérent avec ses choix sur le web.

Cela vous branche ?

Prendre soin des biens communs

Dans ma dernière formation, Vivre écolo sans se ruiner, je relaie un livre que j’ai lu récemment et qui donne aussi des « trucs » pour faire des économies tout en protégeant la planète.

Il s’agit du livre « Ecolo à profit », de Jonas Schneiter.

Dans ses pages, il mentionne quelques exemples où partager des biens revient à une solution plus économique que d’acquérir ces mêmes biens pour soi seul.

Il parle des trottinettes électriques à Paris, que l’on peut louer pour un trajet et laisser n’importe où dans l’espace public pour un futur utilisateur.

D’après des statistiques, ces trottinettes auraient une durée de vie de 28 jours.

Parce que leurs utilisateurs (enfin certains d’entre eux), du fait que ces objets ne sont justement pas les leurs, se permettent de les utiliser n’importe comment – chose qu’ils ne feraient certainement jamais avec leur propre trottinette !

Oui, alors rectifions, partager un bien est souvent une solution économique, à condition d’en prendre soin.

Dans le cas contraire, un objet partagé que l’on maltraite aura une durée de vie si courte que le principe du partage ne sera pas du tout écologique : fabriquer de nouvelles trottinettes pour l’agglomération parisienne tous les mois, on a vu mieux comme mesure de développement durable…

Pourquoi nous salons nos plats…

Mercredi soir, l’émission La Grande Librairie sur France 5 accueillait quatre auteurs pour aborder la question du “monde d’après”.

Aux côtés d’Aurélien Barrau, de la romancière suisse Antoinette Rychner, de la navigatrice et présidente du WWF France Isabelle Autissier, il y avait le philosophe Baptiste Morizot, que je ne connaissais pas.

Auteur du livre « Manières d’être vivant », ce dernier y questionne la place de l’être humain dans l’ensemble du Vivant ainsi que les (non-)raisons de son hégémonie ou de sa supériorité sur les autres espèces.

L’auteur expose entre autres que si nous salons nos plats, c’est pour retrouver nos origines océaniques et que nous avons une parenté directe de quelques millions d’années avec les éponges (qui sont des animaux, au cas où…)

Il me semble indispensable que nous nous rappelions effectivement, que nous sommes liés à bon nombre d’espèces végétales et animales, et qu’il serait bon de sortir de la vision qui rend la nature à disposition des besoins de l’homme.

Le terme « nature » est d’ailleurs de plus en plus décrié : toutes ces espèces végétales et animales ne devraient pas être considérées comme des ressources, utilitaires ou sources de profit économique, mais comme nos semblables, que l’on traiterait comme on aimerait comme on nous traite.

On devrait ainsi privilégier le terme du “Vivant”.

Et y inclure l’être humain, en le plaçant au même rang qu’une éponge ou qu’un cactus.

Créativité et esprit d’innovation

Hier soir était diffusée sur Léman Bleu la soirée d’ouverture du prix IDDEA, annonçant les 15 projets sélectionnés de cette édition 2020.

Le prix IDDEA (Idées de Développement Durable pour un Environnement d’Avenir) récompense chaque année trois projets d’entreprises répondant à ces critères : économiquement viable, écologique et socialement utile.

Cette soirée s’est vue confinée à la télévision, au vu des circonstances.

Le président de l’association IDDEA, Christophe Barman, exposait que le comité avait hésité quelque peu à maintenir cette édition, au vu du contexte actuel.

En effet, le concours comprend tout un processus de formation à l’entrepreneuriat pour les porteurs de projets sélectionnés.

Mais M. Barman a insisté sur le fait que le comité avait reçu tellement de projets cette année (plus que les années précédentes), qu’il ne lui avait pas fallu longtemps pour décider du maintien de cette édition.

Bien sûr que l’urgence climatique se fait toujours plus pressante.

Mais il semblerait encore une fois que cette période de « pause forcée » qu’était ce confinement nous a rendu particulièrement créatifs et innovants.

Une leçon à retenir, peut-être ?

Action-réaction

Je crois que je n’ai jamais signé autant de pétitions qu’en cette période de confinement.

Bien sûr que cette période était propice à la réflexion, à la remise en question, à la redéfinition de certaines priorités.

Bien sûr que nous avons vécu des situations inédites, inattendues, cacophoniques, et que les décisions de certains pouvaient ne pas plaire à d’autres.

Mais parfois, je trouve qu’il est bon de laisser un peu de temps pour que certaines nouvelles habitudes puissent s’ancrer.

En Ville de Genève, de nouveaux tronçons de pistes cyclables ont été peints en quelques heures, la semaine dernière, pour encourager les gens à choisir la mobilité douce pendant le déconfinement.

(Ce qui est génial, soit dit-en passant, surtout quand celles-ci sont peintes sur des axes hyper-dangereux de l’hyper-centre, et qu’on peut bien se demander pourquoi ces pistes cyclables ne sont installées que maintenant).

Ce week-end, une pétition tournait déjà pour que les automobilistes n’empiètent pas sur ces nouvelles pistes cyclables et que celles-ci puissent être maintenues après leurs 60 jours d’existence provisoire.

Ce soir, des cyclistes se rassembleront en masse pour défendre ces nouveaux tronçons qui leur sont dédiés et se faire voir des automobilistes.

Peut-être que trois ou quatre jours ne sont pas suffisants pour faire accepter ces nouveaux aménagements par les automobilistes attachés à leur sacro-sainte voiture, aménagements qui font en effet perdre un peu de place à la mobilité motorisée individuelle.

Action-réaction.

En même temps, peut-être que réagir tout de suite est nécessaire. Mais je me demande si cette avalanche de pétitions et de revendications que l’on connaît depuis deux mois ne sera pas, au bout d’un moment, contre-productive. Je ne sais pas. Je pose ça là.

Manifester derrière son écran

Aujourd’hui 15 mai, il devait y avoir LA Grève du climat 2020, à l’échelle nationale, que les collectifs de défense du climat et de l’environnement organisaient déjà depuis des mois.

Alors que nous ne pouvons toujours pas nous réunir à plus de 5 personnes, bien sûr que la manifestation qui devait accompagner la grève a dû être annulée.

Mais une chose que je retiendrai personnellement de cette pandémie et du semi-confinement, c’est la créativité qu’il nous faut tous déployer pour parvenir à continuer à faire vivre nos projets dans la situation donnée.

Et les jeunes Grévistes pour le climat en ont bien usé, de leur créativité, pour manifester aujourd’hui :

  • toute la journée, une web-radio diffusera des débats, des discussions et des points de vue sur différents aspects liés à l’urgence climatique
  • et surtout, ils nous mettent au défi! De passer à l’action, concrètement, de la manière qui nous convient… Cela donne plein d’idées pour agir, en fait, aussi les 365 autres jours de l’année.
  • et puis, n’oublions pas, à 11h59, de sonner l’alarme climatique depuis nos balcons ou notre lieu de travail!

Au boulot!

Partager, c’est bon marché !

Comme je l’ai déjà annoncé il y a quelques jours, je prépare une nouvelle formation (elle devrait être disponible pour le week-end de l’Ascension, si tout va bien !)

Celle-ci nous fera réfléchir (et donnera des pistes d’action très concrètes !) à comment nous pouvons économiser de l’argent en adoptant un mode de vie plus écologique.

Je tâcherai surtout de démentir l’idée que l’on a souvent, que vivre de manière écologique coûte cher…

Ca, c’est quand on présuppose que vivre de manière écologique, c’est seulement aller faire les courses au magasin en vrac et mettre des ampoules LED dans son appartement.

Mais l’écologie telle que je la conçois est beaucoup plus que cela… Ce n’est pas remplacer un objet ou une action par une alternative moins énergivore ou moins gloutonne en ressources… C’est juste, tout repenser !

Quoi qu’il en soit, ce qui apparaît clairement dans tous les exemples que je me prépare à donner (dans les domaines de la mobilité, des loisirs, de l’alimentation, du voyage,…), c’est que plus on partage, moins les choses sont chères.

C’est assez logique en quelque sorte… Si on prend un taxi à un ou à quatre pour rentrer de soirée, le coût par personne ira du simple au quadruple… Si on cuisine un plat pour une personne ou pour une famille, à quantités égales, le coût par personne ne sera pas le même. Cela s’appelle l’économie d’échelle.

Mais ce qui ressort de tout cela, c’est que plus on est dans une logique de propriété individuelle, plus la vie est coûteuse…

Plus on est dans une logique de partage, de prêt, de location, plus la vie est bon marché…

Et c’est aussi plus sympa, non ? Prêt-e à partager ?

Echangeons nos infos!

Aujourd’hui, j’aimerais simplement relayer un site qui me paraît drôlement intéressant: unautremonde.ch

Ce site répertorie une multitude d’initiatives citoyennes, associations et collectifs existants en Suisse romande (et pour certains, à une échelle plus large) qui oeuvrent pour un autre monde…

C’est un complément très bienvenu aux adresses que je propose dans ma formation “De l’engagement individuel au collectif“.

Trouverez-vous dans cette liste de quoi satisfaire votre soif d’information, de liens aux autres et à des projets enthousiasmants? Je l’espère!