Ce matin, je suis allée acheter du Nutella.
Cela doit être l’arrivée brusque de ce froid qui me donne des envies de méga petits déj et de cocooning, de quelque chose de tout doux et d’onctueux.
Mais en achetant du Nutella, j’ai eu l’impression de commettre un crime d’Etat.
Cela faisait près de dix ans je pense que je n’en avais pas acheté, que j’ai testé toutes les alternatives de pâte à tartiner bio et sans huile de palme, et que j’ai même plusieurs fois fabriqué ma propre pâte à tartiner en suivant des tutos DIY.
Alors, ce matin, j’ai eu l’impression qu’à cause de moi, tous les orangs-outangs d’Indonésie et de Malaisie vivaient leurs dernières secondes de vie.
Et je me suis dit : il y a quand même un problème.
Bien sûr que boycotter des produits discutables peut avoir un petit impact si beaucoup d’individus s’y mettent.
Mais on ne peut pas s’empêcher de vivre ni d’accéder, de temps en temps, à de petits plaisirs.
D’ailleurs, la plupart des grandes « têtes d’affiche » de la Transition ne sont pas complètement cohérentes.
Cela m’amusait souvent, lorsque pendant le confinement, ces grands penseurs du Monde d’après se filmaient avec leur webcam pour une conférence ou un débat confiné, et dévoilaient leur intérieur. Quel nombre incroyable de biens matériels ! Quelle surface de logement ! Rien à voir, selon moi, avec la sobriété qu’ils/elles appellent de leurs vœux…
Donc, je pense que faire des efforts est important, mais que de s’octroyer des petits plaisirs pas très écolos de temps en temps (je ne parle même pas de prendre l’avion, je parle de manger du Nutella), ne va pas rendre le monde plus apocalyptique qu’il ne l’est aujourd’hui.
Arrêtons de culpabiliser par rapport à l’état du monde que nous n’avons que peu contribué à créer.
Le fait de culpabiliser génère de l’angoisse, de la honte, du renfermement sur soi, qui ne sont que des émotions négatives.
Or, si nous voulons nous battre pour un monde meilleur, nous avons besoin d’être bien dans notre peau, bien dans notre tête. Alors prenons soin de nous aussi, si nous voulons prendre soin de la planète.
Cette idée de sortir de la culpabilisation tiendra une place importante dans les accompagnements individuels que je suis en train de créer… Je les dévoile dans une ou deux petites semaines, promis !