Voyager au quotidien

En faisant de l’ordre dans mon ordinateur, je suis retombée sur les contenus de mon premier blog que j’avais créé en…2009 !

Il s’appelait Voyage au quotidien, et son but était de relayer des aspects de ma ville (Genève) que je trouvais insolites. Afin de se faire surprendre, voire de se trouver dépayser dans un lieu du quotidien.

J’avais complètement oublié ce blog, mais cette démarche de trouver du dépaysement même dans des endroits très proches de notre lieu de vie me parle à 100%, encore aujourd’hui. Surtout en cette année 2020, pendant laquelle nos envies de voyages se sont vus très fortement contraintes.

Cela m’est arrivé, pendant le confinement de ce printemps, et dans une moindre mesure cet automne, de ne vraiment plus supporter cet immobilisme imposé. D’avoir l’impression de tourner en rond. De voir la même chose tous les jours.

Alors, progressivement, j’ai trouvé des trucs. Pour changer de regard sur mon quotidien, voire pour trouver des moyens de voyager par procuration. Je vous en livre quelques-uns:

  • Faire une marche chaque jour dans mon quartier (min. 30 min, souvent plus) en passant chaque jour par un chemin différent. C’est fou comme de passer dans une rue parallèle à celle que l’on a l’habitude de prendre peut donner une toute autre impression à la balade!
  • Même sur un chemin que l’on croit connaître par cœur, s’arrêter sur un détail : la forme des nuages dans le ciel, les tenues vestimentaires des passants, des aspects architecturaux sur les bâtiments, le défi de reconnaître les arbres, etc.
  • Aller randonner dans des endroits accessibles en bus ou en tram, mais que l’on n’a jamais envisagés sous cet angle. Cet été, je suis pas mal allée explorer la France voisine. Vu la cadence des transports publics, ça a vite un parfum d’aventure!
  • Lire des romans de voyage, regarder des films qui se passent dans des pays que l’on ne connaît pas… Je peux lire et relire L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier, je trouve toujours aussi impressionnant d’avoir à ce point l’impression “d’y être” !

Et vous, quels sont vos “trucs” pour vous dépayser sans partir loin ?

Rendre le 2e confinement joyeux

Je suis fan de l’émission “Nus et culottés” depuis ses débuts.

Si vous ne connaissez pas encore, le principe de cette émission est de suivre les aventures de deux amis, Nans et Mouts, qui se fixent un objectif “culotté” à chaque début d’émission (aller manger un chocolat avec le roi des Belges, aller voir des aurores boréales en Islande, etc.) et partent pour réaliser cet objectif sans argent ni… habits!

Leur but est de montrer que voyager grâce au partage et à la bonté des gens peut encore se faire au 21ème siècle. Et ça marche!

(Je vous invite à visionner quelques épisodes si vous ne connaissez pas! C’est vraiment inspirant, positif et cela redonne foi en l’espèce humaine 🙂 )

Les deux comparses viennent de (re)lancer leur chaîne youtube, pour accompagner les Français dans le deuxième confinement, de manière à le rendre joyeux.

Comme ils l’expliquent, “lorsqu’on voyage, on part avec des contraintes fortes (pas d’argent, pas d’habits), des contraintes qui atteignent notre liberté. Il n’y a rien de tel qu’un confinement pour être encore plus poussé dans ces contraintes et à se dire ‘mais… je ne vais pas subir ma vie!’…”

C’est donc à base de jeux, de réflexions, d’invitations à faire de petites expériences pour sortir de sa zone de confort que Nans et Mouts nous invitent à développer un nouveau regard sur notre quotidien

Cela me parle puisque je mène avec Envol en Vert toute une réflexion sur comment trouver le dépaysement sans partir loin, notamment dans la formation “Voyager autrement, c’est possible!

D’ailleurs, un cahier contenant du contenu informatif et des exercices pour soi est en cours de préparation sur ce sujet (il sera disponible à la fin du mois si tout va bien!), ainsi qu’une adaptation pour des publics scolaires (secondaire I et II).

Un peu de curiosité

Cet été, pour celles et ceux qui souhaitent partir en vacances, il faudra se rabattre sur le tourisme national.

Ou au mieux, sur les pays limitrophes.

Une contrainte qui va cependant tout à fait dans le sens d’un tourisme durable…

Partir moins loin, sans prendre l’avion,… (Pour approfondir le sujet, n’hésitez pas à suivre ma formation Voyager autrement)

Du tourisme en Suisse donc.

J’ai déjà entendu des voix qui disaient : « Mais alors, ça va être dur de trouver un hébergement, si tout le monde voyage en Suisse » ou «  Cela va être bondé partout ! »

Déjà, n’oublions pas que si les Suisses voyageront en Suisse, les touristes étrangers seront absents.

Donc, pas tant de monde que ça.

Et puis, personne ne vous demande d’aller là où tout le monde va.

On peut profiter de l’air de la montagne sans aller à Verbier ou à Zermatt, tout comme on peut flâner au bord du lac ailleurs qu’à Ouchy.

Il y a sans doute une qualité qu’il nous faudra développer dans les années à venir, c’est la curiosité.

Curiosité de voir ce qu’il y a ailleurs, curiosité de ne pas faire comme tout le monde, curiosité de se demander ce que l’on va chercher quand on part en vacances,…

Cet été, laissez-vous emporter par votre curiosité…

A midi, j’ai craqué.

A midi, j’ai craqué.

Après deux mois et demi de repas pris à la maison matin, midi et soir, j’ai eu envie d’un bon petit plat cuisiné par d’autres.

Et alors que j’étais près de la gare Cornavin, j’ai repensé à ce petit resto aux Pâquis qui fait les plus incroyables pad thaï de la ville. (Oui, c’est exotique, mais j’estime que les exceptions, du moment qu’elles restent des exceptions ne sont pas interdites… Au cas où vous auriez quelque chose à y redire, pensez aux trois cafés que vous buvez par jour, qui viennent de Colombie, du Costa Rica ou du Honduras ;-))

Ce petit bistrot où j’allais très souvent à une époque a été complètement refait et agrandi.

Mais l’ambiance… la déco… les odeurs… la musique… le serveur, sourire jusqu’aux oreilles, qui ne parlait pas un mot de français… J’aurais pu fermer les yeux deux minutes et me croire au milieu de Bangkok…

C’est certainement dû à nos deux mois et demi de semi-confinement, que j’ai pour ma part vécus de manière quasi monastique, mais j’ai trouvé cet effet de dépaysement extrêmement puissant.

Et intéressant…

A l’heure où les vols en avion à tout-va sont de plus en plus décriés, pourquoi ne pas réinventer le voyage, le dépaysement, là, à quelques pas de notre porte ?

Je vous en glisse quelques idées dans ma formation Comment voyager avec un impact environnemental minime, au cas où vous aimeriez creuser la question.

Ne pas s’arrêter à un combat

Hier après-midi, j’ai suivi un débat en ligne organisé par la Grève du climat Suisse, faisant intervenir Aurélien Barrau, astrophysicien et professeur à l’Université de Grenoble et Jacques Dubochet, prix Nobel de Chimie et professeur honoraire de l’Université de Lausanne.

A un moment donné, Aurélien Barrau rendait les grévistes pour le climat et leur audience attentifs à « ne pas en rester au combat pour le climat ». En donnant cet exemple : même si les avions ne polluaient pas d’un gramme de CO2, disait-il, le tourisme (de masse) resterait dévastateur pour l’environnement.

Autrement dit, l’écologie est une composante beaucoup plus globale et complexe que de juste « moins polluer » ou de moins consommer de ressources. C’est une vision holistique qui nécessite de prendre en compte l’impact environnemental certes, mais aussi les incidences socio-économiques de nos activités humaines.

C’est le message que j’essaie d’apporter dans la vision d’Envol en Vert, ainsi que dans mes formations.

Dans la dernière formation, qui traite justement de la question du voyage, et de comment voyager « autrement », je vous invite en effet à questionner la nécessité de faire un voyage lointain pour se sentir dépaysé, mais aussi bien sûr à penser aux impacts directs et indirects de notre présence dans un pays qui n’a traditionnellement pas le même mode de production, de consommation ou de gestion des déchets notamment que nos pays occidentaux.

Parce que voyager responsable n’est pas juste de ne pas ou de moins prendre l’avion, c’est aussi de considérer toutes les conséquences de notre activité touristique. Et de considérer le sens même du voyage… Avons-nous toujours besoin d’aller sur place pour voir les choses de nos propres yeux ?

Si le sujet vous intéresse, c’est par ici. (Il y a encore 30% de réduction sur le prix de toutes mes formations pendant le mois de mai!)