Cyberdépendance

J’essaie au quotidien de limiter mon utilisation des technologies de l’information et de la communication (ordinateur, smartphone) – avec plus ou moins de succès… – par conscience écologique mais aussi pour ma propre santé mentale.

Il n’empêche: être privée de mon ordinateur s’est révélé un sacré handicap… Cela faisait quelques semaines déjà qu’il montrait des signes de fatigue, et j’ai bien entendu attendu le dernier moment pour l’amener à réparer chez Itopie (suivez le lien pour connaître qui ils sont, ça vaut la peine!) Là-bas, ils m’ont dit: “ça prendra entre une semaine et dix jours” et j’ai pensé que je me débrouillerais très bien sans.

Pour travailler, j’ai ressorti le bloc-notes, les stylos et les crayons, parce qu’en tant que tel, même si c’est un peu plus lent, ça marche aussi. Mais ce n’était pas pareil: toutes les 3 minutes, il me manquait un document qui somnole sur le disque dur de mon ordi. Toutes les 5 minutes, je devais faire une recherche sur Internet qui s’avérait un peu laborieuse sur le petit écran de mon smartphone. Je ne parle même pas de répondre à un mail, qui se révèle vraiment fastidieux sur les minuscules touches d’un téléphone.

J’ai donc avancé comme je le pouvais sur des dossiers vraiment urgents, tout en constituant une liste de tâches que j’estime ne pouvoir faire qu’avec mon ordi (et les documents qu’il contient). J’ai essayé de penser à toutes les choses que je pouvais faire sans ordinateur pour avancer sur mes projets: lire, regarder des vidéos, aller rencontrer des gens intéressants et discuter, brainstormer sur de grandes feuilles de papier et puis, faire des activités reposantes ou stimulantes, hors écrans. Finalement, il me semble que cette expérience me permet d’être plus créative. Elle servira peut-être à m’habituer à ne faire que l’essentiel sur l’écran et à fonctionner autrement pour tout le reste. A suivre…

Après la honte de prendre l’avion…

Suivant à qui j’écris, à des représentants de mouvements associatifs ou à d’autres citoyens engagés, j’ai honte d’avoir une adresse @gmail.com

Oui, parce que comment peut-on prétendre être sensible à l’écologie (terme pris dans son sens le plus large),

Militer ou en tout croire en un « monde d’après » plus sain, équitable et respectueux,

Et soutenir indirectement l’un des géants du web au quotidien et depuis des années ?

(Je passe pas mal de temps sur Facebook aussi, un autre des GAFAM, qui monopolisent l’internet, engrangent des fortunes colossales et ne respectent pas grand-chose de nos données et de notre sphère privée).

Cela fait un moment que je pense à supprimer ce compte mail et à recréer une adresse chez un hébergeur plus « correct ».

C’est faisable, bien sûr.

Mais cela me paraît tellement compliqué de faire des changements d’adresse mails,

de savoir que je risque de perdre pas mal de contacts en cours de route,

de perdre aussi des infos qui sont contenues dans les mails reçus ces cinq dernières années,

de ne plus pouvoir collaborer sur des Google docs que beaucoup de mes amis et collègues utilisent,

bref, de manquer quelque chose (autre acronyme, le FOMO : Fear of missing out, vous connaissez ?)…

Pour toutes ces raisons, je repousse cette action pourtant pas si complexe de changer de boîte mail.

Au point où je pense prochainement développer une formation sur le sujetRéduire sa pollution numérique, mais plus largement, être cohérent avec ses choix sur le web.

Cela vous branche ?

Les hauts-le-coeur du tout-Internet

Pendant ces deux mois de confinement, mon rapport à Internet a beaucoup varié : d’une sorte de nécessité absolue au début du confinement pour me sentir en contact avec mes proches, à un fort ras-le-bol après plusieurs semaines, tellement tout a lieu maintenant dans la sphère virtuelle.

Ce week-end, la foire agricole bio de Moudon devait avoir lieu. Elle a lieu quand même, mais en streaming. Et cela m’a attristé. J’y étais allée, il y a deux ou trois ans, sous un soleil radieux. J’avais adoré le lieu, l’ambiance, m’asseoir sur une botte de paille pour écouter un concert improvisé, poser des questions aux agriculteurs, aux viticulteurs et aux horticulteurs, manger une assiette végétarienne à s’en relever la nuit, déguster du vin, flâner entre les stands pour acheter de la tisane d’herbes séchées ou des savons artisanaux, visiter l’exposition de machines agricoles, et juste sentir, sentir l’odeur de la campagne.

Je ne vais pas regarder la foire en streaming. Il y aura sûrement des interventions intéressantes, des analyses sur ce que les producteurs perdent en cette période de vie au ralenti, sur comment ils s’adaptent.

Internet ne permet de diffuser que des paroles, que des idées.

Pas de vie, pas d’odeurs, pas de goût, rien de sensoriel.

La pollution a drastiquement baissé pendant le confinement, mais quel va en être le coût environnemental, de ce streaming à foison ?